Hero Of War, Rise Against Denver, Colorado, 567 000 habitants. C'était tout ce que je connaissais de cette ville en passant la barrière du «Welcome to Denver », 12 ans plus tôt. Aujourd'hui la liste s'est allongée, je rajouterais à la suite du nombre d'habitants : « ville de tarés ». Besoin de confirmation ? Un homme venait tout juste de m'écraser le pied gauche en passant près de moi, sans s'excuser, bien entendu. Satanées autobus, ce que je pouvais détester tous ces transports en commun. Je bénissais d'ores et déjà le moment où j'aurais mis assez d'argent de côté pour m'acheter ma première voiture.
-
Hé, ho, ce n'était pas un défaut dans le plancher !L'espèce de salaud : il ne se retourne même pas & j'entends la vieille ridée de gauche s'exclamer que « de nos jours, les adolescents... ». C'est bien ce que je disais, des tarés, que des tarés ! Je soupire & monte le volume de mon I Pod, la musique y'a que ça de vrai dans ce bas monde. Mon menton oscille au rythme des paroles de Hero of war, dernier chef-d'½uvre de Rise Against. Je jette un coup d'½il par la fenêtre en face de moi, les buildings, les maisons & les restos' défilaient devant moi tel un vieux film sur bande magnétique. Je soupire, je détestais la fin du mois d'Août, parce qu'elle rimait avec rentrée scolaire et dans mon cas, c'était toujours une nouvelle école qui était au rendez-vous. Si ça continuait, à la fin de l'Université, si je me rendais jusque là, j'aurais fait le tour des écoles de Denver ! Une année complète dans un établissement c'est suffisant, parce que voyez-vous, c'est juste assez pour se lier convenablement avec des gens sympathiques & juste assez pour se bâtir une vie potable. D'après mon père, c'est surtout juste assez pour ne pas éveiller les soupçons. Un an, jamais plus. Voyons donc, moi avoir le droit d'être heureuse ? Oui, bien entendu, pendant 180 jours. Comme si à force, j'avais la patience de tout recommencer à chaque damnée fois. Non, à la longue, j'ai décidé de tout simplement subir. Subir tous les 180 jours de cours que j'avais à faire, sans plus, pas d'amis, pas de relations, juste subir.
Cette année, c'était la West High School qui allait avoir l'honneur d'accueillir la fameuse Connors. Un bel établissement, une bâtisse superbe à l'allure imposante. Le confort d'un collège privé dans une école public. Tout du rêve américain, n'est-ce pas? Quelle chance j'avais. Mon c½ur s'en réjouissait déjà.
L'autobus public s'arrête de façon sèche à l'angle de deux intersections fréquentées, je lève la tête, ce n'est que le feu rouge. Je reporte mon regard sur ma source d'échappatoire et monte le volume de deux décibels supplémentaires. Le tas fripé à ma gauche recommence à rouspéter, je n'entends qu'un mot sur deux : «...indifférent...la...vie...impertinent ...sourd...avant.. ». Je lève les yeux vers le plafond, ce que ces frustrés pouvaient m'exaspérer. Bon okay, leur jeunesse s'était envolée, était-ce là une raison pour nous le faire payer, à nous, adolescents d'aujourd'hui ? Il faut savoir évoluer & s'adapter au changement, bande de vieux croutons.
Les minutes passent & une bâtisse apparaît bientôt à l'horizon. Une bâtisse scolaire. Plusieurs jeunes se lèvent & je les suis. L'appareil s'immobilise & nous laisse sortir à la queue leu leu. Je fixe les marches, histoire de ne pas me blesser & une fois à l'extérieur de l'engin je relève le menton. Un énorme édifice de brique beige me saute au visage, long, 3 étages, un hall style cathédrale ayant un étage de plus. Yes, une école de gens riches & célèbres ! La devise de l'endroit ? Home of the Cowboys. Ça promettait, je le sentais. – Abby –
1 commentaire pour être prévenu